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Roedelius & Schneider : Stunden. Droit sur ses touches

par arbobo | imprimer | 6déc 2011

A force d’en parler…

Les noms de Can, de Neu, fleurissent depuis si longtemps dans les recoins de toutes les interviews, nous aurions pu nous y attendre. Les livres consacrés à la techno remplissent des rayons entiers, et tous paient leur tribut aux fondateurs, à Kraftwerk, ou à Cluster.
Quarante années passées, et tandis que le “krautrock” redonne une jeunesse aux rockers les plus intéressants (Trunks, Mugstar, Archie Bronson outfit…), l’électro de papa nous ramène sur leurs pas.

Cluster. Un nom bien trouvé, ce cluster a résisté au temps, sans se désunir, ou plutôt en se désunissant, beaucoup, en se recomposant, mais Hans-Joachim Roedelius n’a pas fléchi. Au pied de ce monument, Stefan Schneider pourrait pâlir. Nenni.
Conservés, les acquis de Sowiesoso, ou du troublant Grosses wasser. Entre écriture “savante” et minimalisme pop, Roedelius n’est pas de ceux que la tentation du “trop” pourrait guetter. La musique de Hans joachim Roedelius est née sur la Planète sauvage ou dans une série Z japonaise, mâtinée d’action moderne et de préceptes zen.

Le principal est qu’il continue de viser juste. Comme toujours. Comme avec Eno sur Foreign affairs, comme dans son Jardin au fou, Avec Stunden, il nous sert un classique, ce que les anglais baptisent avec gourmandise “un classique instantané”. Le type est insolent de classe, de certitude dans son art, droit sur sa ligne, intemporel comme un Eno, justement, rêverait de l’être. Le piano de Hans Joachim s’y déploie sans urgence, à la croisée des temps.
On parle peu de H.J. Roedelius, parce que d’autres tiennent le haut du pavé, parce qu’il ne fait pas suffisamment de pauses pour faire de chaque sortie un “retour”, parce qu’il reste dans une veine trop piquée d’avant-garde et de musique savante pour dépasser le lectorat de Wire.

On a tort, de se laisser tenir à l’écart par ces apparences arty. On pense aux amateurs de techno abstraite ou minimale, A reminiscent drive, voire aux amoureux des tout premiers disques d’Alpha, pourquoi pas Boards of Canada. Savourez cette caresse ouattée de Single boogie, comète dans la voie lactée de Stunden. Il y a un brin de snobisme avouons-le, regardez cette pochette de disque, ou cette manière de rejeter un single potentiel en dernière partie de disque. Mais impossible s’arrêter là, ce disque est peut-être celui, en 2011, qu’on partagera le plus volontiers avec tout notre entourage.

C’est qu’il est étonnamment simple d’accès cet album. A peine lancé, il devient déroutant de familiarité, il semble ne contenir aucun écueil, aucune distance, nous tenir au corps et aux oreilles comme fait sur mesures. On ne cherchera d’ailleurs pas à distinguer un morceau plus qu’un autre, tous s’enchainent avec une sérénité communicative. Mais à cette vertu digne d’une compilation new age, s’ajoute un talent, une écriture, un goût exquis manié par un maître.

Stunden est un nouveau disque de Roedelius, il aurait pu surgir de n’importe quel espace-temps, et tout ce qu’on sait en dire, c’est que cet instant suspendu est de pure magie.

Roedelius Schneider - Single Boogie by Bureau B

Stunden est paru chez Bureau B.



Comments

7 Commentaires


  1. 1 Mmarsupilami on décembre 6, 2011 7:44

    Merci, Saint-Nicolas!

    Je fonce écouter ça.

    Tiens, j’en profite pour rompre une lance en faveur d’une autre production de Bureau B qui était passée complètement et injustement inaperçue, la réédition -en 2009- du légendaire Wunderber de Riechman.

  2. 2 arbobo on décembre 6, 2011 8:04

    tu m’en rajoutes au pied sapin mmarsu, ok je te suis ;-)

  3. 3 Mmarsupilami on décembre 6, 2011 10:21

    Je viens de l’écouter deux fois d’affilée et je me le garde en prévision d’un week-end pluvieux/divan.
    Très beau et mélancolique…

  4. 4 Thierry on décembre 9, 2011 21:33

    Aucun rapport, mais ça pourrait peut-être te plaire (très catpowerien, ah ! l’introduction de Lowell, MA) ;-)
    http://meganbonnell.bandcamp.com/album/maps

  5. 5 arbobo on décembre 10, 2011 0:22

    merci thierry, tu connais mes vices c’est cool ^^
    je vais écouter ça à la coule demain!

  6. 6 Christophe on décembre 23, 2011 11:03

    J’ai écouté plusieurs fois de suite le Roedelius, et il est épatant. Pas facile de le placer dans un temps d’écoute approprié, c’est en triplant son écoute d’affilée qu’il a été apprivoisé, et presque appris par cœur, ce qui en facilite l’appréciation.

    Technique que j’ai d’ailleurs systématiquement employée depuis 2 mois, ce qui change fortement la donne. Il faudra en reparler un de ces 4 : comment découvrez vous les albums, les trucs pour que ça marche, les trucs pour être sûr que ça ne marchera pas.

    En tout cas un bien bel album, merci.

    je vais aussi écouter les propales de MMarsup et Thierry.

  7. 7 arbobo on décembre 23, 2011 18:00

    j’ai du écouter une cinquantaine de fois ce disque déjà :-)

    pas de technique particulière, je me mets l’album et j’essaie de tenir la totalité, dans le cas contraire j’y reviens, parfois par bout, quitte à la prendre en cours de disque, puis si je veux persévérer je le reprends en totalité.
    si j’accorche qu’à moitié je termine pas forcément les morceaux, mais parfois j’aime juste un titre situé vers la fin, alors je laisse toujours sa chance au produit ^^

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