Rodolphe Burger interview en 3 dimensions

par arbobo | imprimer | 17fév 2008

A l’occasion de la sortie de No sport, troisième disque publié sous son nom (l’ensemble de sa discographie, en revanche, prend une belle étagère), Rodolphe Burger a accordé un long entretien à arbobo.fr.

Ne manquez ni l’un ni l’autre, je vous le conseille.

D’abord quelques mots sur l’album, sans ressasser des indications que vous retrouverez dans l’entretien. On entre facilement dans No sport, mais c’est après plusieurs écoutes qu’il s’épanouit pleinement. Sa richesse, sonore, rythmique, de fond, de forme, méritent qu’on lui laisse du temps. Comme un grand vin, qui plait dès l’attaque, mais qui est long en bouche et continue de surprendre vos sens.
No sport sera très haut dans les palmarès des disques 2008.

La France n’a pas de Radiohead. Mais elle a Rodolphe Burger, ça n’a rien à voir et pourtant à l’écoute de no sport c’est la réflexion qui m’est venue. Puissance, inventivité, voix captivante, mélodies sans cesse renouvelées…
De bout en bout mille échos, mille images et références viennent à nous, de Melody Nelson en ouverture au Massive Attack de Mezzanine en cloture, mais ce disque n’est pas référencé. Il puise ses racines aussi largement que profondément. Burger explique parfaitement combien faire un disque sous son nom correspond à un besoin de se “recentrer” musicalement, mais stabiliser ce centre permet d’autant mieux de faire graviter en un tout cohérent tout ce qui l’intéresse et le nourrit.
Ouverture en douceur avec Avance, poussée d’adrénaline avec J’erre, de bout en bout on est porté par un souffle. Vicky, comme ses paroles, est liquide comme les vagues, je pourrais l’écouter des journées entières. Mais je ne vais pas toutes vous les décrire.

Après la beauté rèche de Cheval mouvement en 1993, après le choc, radical et quasi drum’n'bass de Meteor show, Rodolphe Burger rompt avec l’ancrage dans un sillon radical. Il élargit, épaulé de nouveau par Doctor L. No sport est d’une ouverture et d’une richesse qui donneraient le tournis si on ne s’y repérait pas avec une aisance déconcertante. Lorsque la voix de James Blood Ulmer, bluesman et tant d’autres choses encore, rejoint la sienne sur Marie, soutenue par le jurukelen d’Ali Farka Touré, jamais le morceau ne sonne composite ou ne vire à l’exercice de style. De même lorsque l’arabité de Rachid Taha fait d’arabécédaire un cours de langue, jamais la musique ne singe l’orient, bien qu’elle s’y abreuve.
La musique de Rodolphe Burger parle à nos sens, mais elle est aussi pétrie de sens. Chaque élément, chaque son ou invitation de musicien, fait sens et conforte un sentiment d’extrème cohérence, alors même que l’horizon de No sport est d’une rare étendue. Et le terrain d’une expression vocale vraiment bluffante.
Charnel, physiquement et humainement engagé, ouvert sur le monde entier et “recentré” sur Rodolphe Burger, ce disque est vaste. Finesse et force, ces qualités qui font que Rodolphe Burger donne envie de discuter durant des heures, sont aussi celles de son disque.

Tandis que je regagne la sortie de Capitol, Rodolphe Burger se demande bien pourquoi il doit se diriger vers une séance photo. “Pourquoi est-ce qu’ils veulent tous me photographier?” Peut-être parce que l’homme impressionne.

L’entretien est ponctué respectivement d’extraits de Blue skies, Vicky, Marie, Elle est pas belle ma chérie?, Ensemble, et Un nid.
La version totale est téléchargeable ici en mp3 (clic droit, “enregistrer”).

1. Doctor L, une production très acoustique, les albums solo, se dépayser, les instruments, les reprises (9′56)

2. La guitare, composer au piano, le jazz de recherche, les micros, l’inclusivité (7′27)

3. Ali Farka Touré, l’Amérique et l’Orient, la musique modale, “déchirer le plan harmonique”, le dialogue (8′11)

4. Un chant étendu, pas de la chanson française, l’équilibre musique/texte, chanter en anglais, l’enjeu de l’écriture, la position du sujet (10′12)

5. Un sentiment politique fort, Rachid Taha le rocker, un vrai moment de studio, le midtempo, l’arabe (9′31)

6. Mélange d’époques, intensifier, dilater l’esprit, les collaborations, la forme album, réel et virtuel (6′37)

Merci Rodolphe ! et merci à Xavier pour sa bienveillance.



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