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Topic: transversales
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En aparté : les side projects et autres avatars d’une carrière

par arbobo | imprimer | 11oct 2006

J’ai parlé récemment des avatars successifs de David Bowie, sans équivalents. L’avisé Christophe a rappelé que Will Oldham a lui-même plusieurs casquettes et créé des groupes sous différents noms (Palace, Bonnie Prince Billy…).

Voilà qui est déjà plus classique. Car à bien y regarder, rares sont les artistes connus, dans le rock (au sens large) qui ont une seule et unique appelation durant leur carrière. Dave Gahan et Martin Gore ont fait des escapades solo hors de Depeche Mode, de même que Syd Barret (viré de Pink Floyd), son successeur David Gilmour, Roger Walters, Mick Jagger et Keith Richards.
David Bowie n’a pas seulement fait des duos sur scène (avec Jagger, avec Marianne Faithfull), il a aussi monté au début des années 90 un groupe de hard/power rock, Tin Machine, avec lequel il a fait 3 albums). Mêmes escapades pour Robert Forster et feu Grant McLennan, en marge des Go-Betweens. Curieusement Bono, à qui on prête volontiers d’avoir la grosse tête, n’a jamais fait d’album solo, se limitant à des concerts et des singles en duo (avec Sinatra, notamment, un magnifique I got you under my skin).
Voilà pour des apartés en cours de carrière sous un même nom, soit sous forme de parenthèse, soit en parallèle avec les projets “habituels”. Encore aujourd’hui, une moitié de Air, Jean-Benoit Dunkel, sort un album sous le nom Darkel, alors que le duo travaille dans le même temps à son prochain disque.

Il y a aussi les combinaisons. Robert Smith et Steven Severin créant The Glove, parallèlement à leurs groupes respectifs the Cure et Siouxie & the Banshees. Un peu plus tard le guitariste des Smiths Johnny Marr, et Bernard Sumner de New Order, ont suivi la même logique pour fonder Electronic en compagnie des Pet Shop Boys. Morrissey, lui, est resté en solo depuis le split des Smiths (avec, tout de même, un single en duo avec Siouxie, en 1994). Franck Black a continué en solo après les Pixies, tandis que Kim Deal se consacrait alors aux Breeders qu’elle avait fondés pendant. Brian Wilson est revenu seul après une longue maladie, sans les Beach Boys, Ian Mc Culloch a tenté sa chance seul avant de reformer Echo and the bunnymen. Les exemples abondent.
En France, Téléphone a été suivi de Jean-Louis Aubert n’ Ko (pour Richard Kolinka), et de Bertignac et les visiteurs (avec aussi la bassiste Corine). Daniel Darc, pour sa part, a commencé au sein de Taxi Girl, où il a cotoyé Mirwais Ahmadzaï, qui fit plus tard 2 albums avec Juliette Desurmont (sous le nom Juliette et les Indépendants) et un album solo qui lui vaut de travailler depuis avec Madonna comme co-auteur et producteur.

Le parcours le plus surprenant est peut-être celui de Norman Cook. Tout jeune bassiste des joyeux joyaux pop the Housemartins, il opéra un virage électro-dancefloor radical en devenant successivement la moitié de Freakpower, puis en solo Fatboy slim.

Ces parcours à étapes font parfois la renommée tardive de groupes par lequel une star est passée. Ou inversement, quand Mirwais fut présenté comme “ancien de Taxi girl”. Mais plus que le remarquable You’re a better man than I, on connait au moins aussi souvent les Yardbirds pour avoir eu pas moins de 3 guitar hero (parfois 2 en même temps) : Eric Clapton, Jimmy Page, Jeff Beck (ce dernier est celui qui a le plus marqué l’histoire du groupe).  Jimmy Page, de son côté, reste indissociable de Led Zeppelin, alors que la plus longue partie de sa carrière est en solo et que les Yardbirds ne sont pas exactement des amateurs non plus.

Les renommées ont parfois des caprices. Ainsi John Cale est plus connu pour le Velvet Underground que ses innombrables projets solo, un peu comme David Byrne pour les Talking Heads, alors que Lou Reed a plutôt eu plus de succès depuis qu’il est en solo qu’avec le VU.
Le charisme est insaisissable. Malgré son talent, le guitariste de U2 The Edge n’a guère vendu en solo, et celui de Noir Désir (pourtant co-compositeur lui-aussi) Serge Teyssot-Gay guère plus.

Provenir d’un groupe à succès n’est donc pas une garantie commerciale. Ringo Starr pourrait en témoigner. Alors que Mc Cartney a réussi a se maintenir au hit parade même avec les poussifs Wings. Et si Tricky,

compagnon de la première heure de Massive Attack, a su tirer son épingle du jeu, on ne peut pas en dire autant de Mushroom, benjamin du groupe et premier à avoir quitté la formation après 2 albums. Joe Strummer, avec ou sans ses Mescaleros, n’a pas non plus marqué les mémoires après la séparation des Clash.
Et puis, il faut dire aussi que certains sont partis trop tôt pour toucher les dividendes de leur contribution, comme le co-fondateur de Duran-Duran Stephen Duffy, ou le co-auteur de Just can’t get enough Vincent Clark, qui a quitté Depeche Mode pile quand ils allaient toucher le jackpot. A une moindre échelle, c’est aussi le cas de John Moore qui fut aux débuts des Jesus and Mary Chain.

De toute façon, ne nous leurrons pas sur les retombées du succès d’un groupe. La majorité des musiciens reste anonyme, même lorsqu’ils jouent sur des disques vendus à des millions d’exemplaires. Allez donc citer qui joue avec Michael Jackson sur Thriller, album le plus vendu de l’histoire de la musique… Ben oui, ou plutôt non, moi non plus.
Pas de quoi en être fier. Certains labels avaient des musiciens en contrat, qui ne jouaient pas pour un artiste mais sur quasiment tous les disques du label. Le Motown de Berry Gordy est peut-être le meilleur exemple. Les mêmes choeurs, les mêmes instrumentistes, sont derrière la voix de Marvin Gaye comme celle de Diana Ross ou des Temptations. On sait un peu mieux combien des compositeurs et des producteurs (comme Norman Whitfield) ont imposé leur son à des artistes et forgé l’identité de labels. Mais sans des musiciens talentueux et chevronés derrière, rien n’aurait fonctionné. Rares sont ceux qui ont réussi à se faire un nom, comme les fameux Funk brothers de Motown.
Parmi ces musiciens de label, on compte notamment le Memphis rythm band, du label Hi !, qu’on entend aussi bien sur les disques de Ann Peebles ou de Al Green, que sur le dernier album de Cat Power. Elle est allé spécialement chercher ces musiciens au son chaleureux pour donner une belle ambiance de soul sudiste à The Greatest.

Je suis à la bourre, ce sera tout pour aujourd’hui ;-)



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