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Topic: arbobo, des disques...
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T’es Bat

par arbobo | imprimer | 9oct 2006

Si je tape parfois sur les Inrocks, c’est parce que j’en suis un vieux et fidèle lecteur, catégorie de lecteurs qui a toujours une propension à bougonner, demander plus et laisser entendre que “c’était mieux avant”. Bref, c’est un des domaines où je suis un vieux con, genre qui n’attend pas le nombre des années ;-)

Parmi les innovations excellentes de ce magazine, on a le concours CQFD (ceux qu’il faut découvrir). Le concours 2006 vient d’ouvrir. Tout artiste, solo ou groupe, qui n’a eu aucun disque publié et qui n’est pas sous contrat avec une maison de disques, peut envoyer un morceau. L’an dernier, 7000 ont été envoyés, et, concours oblige, la rédaction en a sélectionné 20. Comme tous les ans, les 20 figurent sur un CD fourni gratuitement avec le magazine, pour que le public puisse voter. Le gagnant fait des concerts, obtient de l’aide pour se produire, bref la logique habituelle du radio-crochet. Une logique excellente, puisqu’elle ne consiste pas à dire “vous décidez”, mais, nuance importante, “vous choisissez parmi ceux que nous trouvons bons”.

En décembre dernier, 3 titres ont retenu mon attention, et comme j’avais du mal à les départager j’ai voté pour la fille, par principe ;-) La fille, elle a un nom : Natasha Khan. Elle est musicienne sous le nom de Bat for lashes (nom curieux, dérivé de l’expression signifiant “battre des cils”), et a terminé finaliste du fameux concours.
EDIT : l’interview audio exclusive par arbobo est ici :-) Miam.

Le morceau qu’elle avait présenté, Mother sea, figure quasi à l’identique sur l’album qui vient de sortir (Fur and gold) mais sous le titre Bat’s mouth. Vous pouvez écouter des titres sur sa page myspace.

Il y a, dans la manière de chanter, et dans l’ambiance, une parenté assez nette avec Björk. Ou plutôt avec certains titres de Björk comme Venus as a boy, ce qui peut expliquer que j’aime Bat for lashes alors que je n’aime pas tant que ça le ludion islandais.
Je vois aussi une parenté avec Nico, qui créait des ambiances évocatrices, très picturales, où les sonorités ont parfois un côté médiévisant. On retrouve tout cela chez Bat for lashes, mais avec moins de tristesse que chez la sépulcrale Nico. A vrai dire on ne risque pas de les confondre, le chant de Natasha Khan est bien plus rond et ses arrangements luxuriants sont aux antipodes du dépouillement de son ainée.

En fait je suis un peu agacé par mon incapacité à trouver plus de comparaisons, au-delà de Björk. Or ce serait trompeur de s’en tenir à ça. D’autant plus trompeur que beaucoup de morceaux de Bjork n’ont aucun rapport avec ce que fait la jeune anglo-pakistanaise. Rien de très électro dans cet album. On nage plutôt dans des sonorités très 1968-70, comme le clavecin et les roulements de tambour du morceau d’ouverture. Mais le martèlement de basse qui ouvre Trophy, souligné par un maracas, pourrait faire penser à Meet the monster ou d’autres titres de PJ Harvey. Mais ce titre introduit aussi les claquements de mains, utilisés avec bonheur comme percussion sur plusieurs morceaux. La plupart des chansons pourraient être qualifées de marches, au sens des chants militaires, bien qu’ils n’en aient pas la martialité et dégagent au contraire une grande douceur. Et un lyrisme qui n’a rien de belliqueux.

On ne nage pas dans la rigolade des screening tests carambar, dans ce disque. Mais c’est pas non plus à se flinguer. Comme souvent avec les disques qui me touchent et dont je parle ici, on a une forme de lenteur, une part de mélancolie. Mais aussi une véritable ambiance, la patte d’une artiste qui nous emmène avec elle. Pour ce qui est de l’ambiance, justement, on pourrait rapprocher ce disque de Lady & Bird ou celui de Justine Electra. Les mots qui me viennent sont ceux de contes pour enfants, racontés et cultivés par des adultes, ou du moins des gens en âge de l’être.
Le décorum de Bat For Lashes me pousse à ces adjectifs. On la voit volontiers plumée et grimée, quand ce n’est pas carrément avec une queue de paon. On est bien loin de la chanson réaliste ou des gamineries à la Comic strip. Espérons simplement que c’est pas un artifice de jeune artiste se prenant trop au sérieux, et plutôt la marque d’u imaginaire très typé.
Les interviews disponibles depuis son site vous permettront de vous faire votre idée sur la question.

Pour ce qui est de l’album en tout cas, aucun doute : vous ne serez pas déçu-e. Vous pourrez jugez vous-même très prochainement : elle participe au festival des Inrocks en novembre. Les critiques de concerts que j’ai lues sont toutes élogieuses, voire sous le charme.

voici également un videocast trouvé sur youtube. Pour entendre ET voir Natasha Khan.



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