Damien Jurado, Maraqopa

par arbobo | imprimer | 10mar 2012

Béni soit ce garçon, la bienveillance tranquille avec laquelle il discute avec son public, et la régularité avec laquelle il délivre de nouveaux disques. Mais c’est bien un con tiens.

Les modestes, quels cons, à refuser de se la péter, à pas ramener leur talent sur le devant. On met 10 ans à découvrir leur existence, et encore quelques uns de plus à convaincre autour de soi de se pencher sur leur cas.

Bande de modeste, va!

Damien Jurado est une sale bande de modeste, qui aura lambiné 14 ans et 13 albums (en comptant son duo avec Richard Swift, et Hoquiam réalisé avec son frère) avant de décrocher un semblant de reconnaissance du milieu indé et une tête d’affiche dans une salle parisienne. Il vous attend de pied ferme mercredi 14 à la Maroquinerie!

Après pas moins de 3 disques en 2010, Damien Jurado revient déjà. Maraqopa reprend la route là où le chef d’oeuvre Saint Barlett s’était arrêté. Une chaleur de coin du feu emplissait ses chansons. On retrouvera des compositions aussi paisibles sur Maraqopa, parfois presque trop paisibles, la fin du disque traînant un brin en longueur (Reel to reel, un peu pataud, Museum of flight, dispensable). Mais c’est pousser loin la gratouille, car on cherche à qui ce disque pourrait déplaire. En vain.

Un mot à ceux qui suivent ce garçon aimable et accessible. Jurado n’a pas fait cul sur pointe, et reste dans cet entre-deux mi-folk mi-songwriter où baignent ses disques les plus récents. Il ne fera pas oublier son chef d’oeuvre de 2010, mais vous pourrez mettre celui-ci au même niveau que Caught in the trees, déjà si réussi.

Un mot à ceux qui découvrent ce quasi inconnu sorti d’une ruelle de Seattle. Laissez une chance à ce disque, trop finement produit et modestement écrit pour vous accrocher à la première écoute.
Non, malgré la guitare guilmourienne de Nothing is the news, et son surprenant solo, Damien Jurado a peu de rapport avec le psychédélisme rock de Pink floyd. S’il y a bien quelque de seventies dans ce disque, vous le trouverez dans les choeurs haut-perchés, plus présents que dans le reste de sa production. This time next year pourrait même être un clin d’oeil aux BO de Francis Lai.

Ce bijou là aux multiples facettes n’a pas fini de vous faire découvrir de nouveaux reflets écoute après écoute. “I had questions that lead to more questions”, concède-t-il sur le somptueux Working titles. Il est devenu tout le contraire, simple et confiant, apaisé et sans arrogance.

Damien Jurado est une énigme pour le rock actuel, survivant d’une scène grunge à laquelle il n’a adhéré que du bout des doigts, vétéran qui continue à produire à un rythme sidérant malgré un semi-anonymat. Il a tout de ces poètes maudits qui n’accèdent qu’à la reconnaissance posthume, mais creuse son sillon de son vivant. Everyone a star… pas une revendication, juste un résumé de son parcours : il y a de la place pour tous, qu’on occupe ou non les couvertures des devantures. C’est dans les pages intérieures, en petits caractères, que Damien Jurado poursuit l’aventure.

Maraqopa est publié par Secretely Canadian et admirablement produit par Richard Swift.



Comments

9 Commentaires


  1. 1 Christophe on mars 11, 2012 17:40

    Ah je suis content que tu découvres enfin ce gars bourré de talent.

    Je ne rajouterai rien, je crois que tu as dis l’essentiel.

  2. 2 arbobo on mars 11, 2012 17:53

    branleur ^^

    ça fait plaisir de ne plus me sentir seul à apprécier ce gars en tout cas :-)

  3. 3 Christophe on mars 11, 2012 19:50

    comment ça : branleur ?

    Ah ben j’me décarcasse pour te faire découvrir des artistes authentiques et tu me remercie comme ça ? Ah bravo les copains, bravo !

  4. 4 arbobo on mars 11, 2012 23:18

    y’a un truc pas rond chez les Danois, je dis juste ça

  5. 5 Ska on mars 21, 2012 14:28

    Tu m’avais fait découvrir St Bartlett. Et, ça, c’était déjà beaucoup !
    Me reste à écouter celui-ci (et la grosse dizaine de ses disques précédents ?)

  6. 6 arbobo on mars 21, 2012 18:14

    ça dépend si tu veux le découvrir sous d’autres jours (au début de sa carrière)

    et ses reprises avec swift en 2010 sont bien (leur Radioactivity est à tomber)

  7. 7 Ska on septembre 26, 2012 11:03

    Dis donc, je l’ai enfin écouté. Et il me laisse sur le cul. Tout autant que le précédent. Que je réécoute aussi ces jours-ci. C’est dire si je suis bien accompagné.

  8. 8 arbobo on septembre 26, 2012 11:58

    ça fait plaisir ça :-)

    en plus le mec est d’une saine simplicité, encore un de ces talents qui restent sous le radar du grand public, comme julie doiron, alors qu’ils font beaucoup de (bons) disques

    je te conseille Caught in the trees, et son disue de reprises avec son acolyte richard swift

  9. 9 Ska on septembre 26, 2012 12:27

    Merci. En fait, j’avais pas mal écouté Saint Bartlett quand tu me l’avais fait découvrir, puis l’avais un peu délaissé ensuite. Là, c’est comme si je le redécouvrais une deuxième fois. Et j’aime vraiment beaucoup ce dernier disque qui m’a fait revenir à Jurado. Je vais essayer d’écouter celui dont tu parles.

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