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C, comme “club”

par arbobo | imprimer | 28avr 2010

Bienvenue au club !
Inutile de présenter votre carte à l’entrée, Big Roger vous a reconnu. Il n’a même pas pris la peine de vérifier que vous portiez de zolis souliers vernis, vous ne les quittez jamais. La tenue impeccable de votre coupe de cheveux n’a d’égal que le lustre que votre teddy jacket. Bref, “vous en êtes” !

Bah, vous avez vraiment cru que j’allais vous présenter les tenues réglementaires des différentes tribus de la nuit des années 50-60? Que j’allais vous dresser le portrait des gangs, façon West side story?

En un sens vous n’étiez pas loin. Le “club” a perdu, précisément à cette époque, d’être l’apanage des lords anglais. L’apparition du rock, y compris dans sa version locale dégénérée, les yéyés, va de paire avec celle des fan-clubs. Fans clubs officiels (tenus par les manageurs ou les maisons de disques), ou fans clubs spontanés, dont les forums internet et sites de fans sont la version actuelle.
On s’abonne au magazine, on y envoie des lettres tendues d’impatience qui mitraillent de questions l’équipe des rédacteurs, on envoie ses plus belles photos, on quémande des autographes, et on dégoise sur SLC (Salut les copains, bien sûr), qui s’est trompé dans la dernière info à propos de “Sylvie” ou de “Françoise”.

Voilà, le club, c’est ça.
D’ailleurs on le reconnait facilement, il y a la queue devant, et un type patibulaire en fait sortir prestement deux types avinés qui ont probablement vomi sur une nana à qui ils essayaient d’offrir un gin-to. Ah, caramba, ça peut pas être le même club, vu que dans le fan club seul celui qui tient la caisse et le président sont majeurs (en fait c’est pas très vrai, ce sont des grandes soeurs qui servent de prête-nom, ne dites rien à môman et pôpa). Ok, pour les différencier, on les appellera nightclub. Et pour ne pas oublier le nom, on demandera à Iggy Pop d’en tirer une chanson, elle n’est pas très dansante donc on s’y perd, mais ne cherchons pas la petite bête.

On y était presque. On tenait le bon bout, musique, club, on allait savoir ce qui les lie. Et voilà que les vieux papys s’en mêlent. On a quitté des ados pré-pubères, et le temps de relever les yeux on a une bande de croulants qui cachent les rides sous un panama. En plus ils ne viennent pas de Panama, mais de Cuba, voyez comme c’est simple, franchement c’est d’un facile c’est un régal…
N’empêche que tout le monde a chez soi un disque (ou dvd) du Buena Vista Social Club. Qui tire son nom, on boucle (enfin!) la boucle, du lieu où plusieurs de ses membres se produisaient souvent.

Kenny Dope - The Bomb by davajdavaj

Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences ni aux associations lexicales. Le “clubbing”, le son “club”, une musique “très club”, renvoient tous aux discothèques, à commencer par ce tube de Kenny “dope” Gonzales, the bomb. Mais le mot lui-même en ressort à la moindre occasion. Il jongle même avec les contraires. Car le nightclub passe souvent, trop souvent, des morceaux stéréotypés, calibrés, un boum-boum vite oublié dont presque aucun chanteur ne passe l’hiver.
Tout l’opposé du mélomane qui s’abonne aux singles-club à l’anglaise. Pas un lieu de rencontres entre célibataires, mais un vrai club d’abonnés pour le coup.
Ravivée récemment par Sub-Pop puis Beck, la formule qui n’est pas nouvelle a notamment fait les belles heures du label Rough Trade. Au début des années 90, en souscrivant au Rough Trade Singles Club, on recevait chaque mois un 45 tours hors-commerce. Un beau disque collector qui permettait de découvrir les nouveaux artistes du label (Ultramarine, Liberty horses, ou encore… Mercury Rev). C’était aussi l’occasion d’entendre des reprises fabuleuses, longtemps avant qu’elles deviennent un genre trendy.

Alors ne me demandez pas ce que c’est qu’un “club” en musique. Je n’ai jamais eu de carte de membre, et je me demande si tout ceci n’est pas une vaste légende. Les clubs, c’est bien connu, ça n’existe pas. Pensez-donc. D’ailleurs il parait qu’avant d’être un film le Cotton club fut un haut-lieu musical. vous êtes sûrs?



Comments

5 Commentaires


  1. 1 rififi on avril 28, 2010 8:18

    je ne sais pas d’où vient ce nom de teddy jacket, parce que c’est un truc qui ne se dit pas du tout aux états-unis ; quand j’en avais demandé un jour, on m’a regardé avec de grands yeux et sourire amusé genre «c’est quoi ?» :-)
    d’angleterre peut-être.

  2. 2 arbobo on avril 28, 2010 10:56

    yep rififi, apparemment aux US on appelle ça varsity jacket :-)

  3. 3 Dahu Clipperton on avril 28, 2010 22:03

    Meuh si ça se danse Nightclubbing : “We’re dancin’ / Bright white dancin’ / Like the nuclear bomb” ;-D
    OK, la chorégraphie pourrait surtout sentir la surdose de mescaline, mais quand même ^^

    Aparté perso : quand je débarque chez des potes, dans une atmosphère lourde et enfumée, que je vois des cendriers pleins à ras bord, des chemises quelque peu gorgées de sueur (+ od(d)orama) et une bouteille de whisky (relativement bon marché) par terre, je ne peux m’empêcher de m’exclamer : “Mais c’est un vrai club de jazz, là-d’dans !”
    Tout ça pour en venir au fait que je me suis fabriqué une représentation mentale (et presque tactile…) des “clubs” de jazz éthiopiens rien qu’en écoutant la musique de là-bas^^

    Tiens, j’y pense : et Michel Jonasz dans tout ça ?

    Comme disent les fluokids en club (comment ça on dit “boîte de nuit” ?) : LOL

    Et puis Grace Jones, je ne connais que quelques titres de-ci de-là, tu m’as rappelé qu’il faudrait que j’écoute ses albums, undçéjour !

    (le commentaire le plus utile et cohérent posté chez Arbobo, à n’en pas douter)

  4. 4 Dahu Clipperton on mai 2, 2010 11:15

    Plus sérieusement, j’avais repensé à l’émergence du disco, et au côté “fermé” que l’on peut entendre dans le mot “club”. La rengaine que j’ai très très souvent entendue au sujet du disco (et toujours par des personnes qui n’y connaissent rien mais ne se privent pas de le “benner” sans autre forme de procès…), c’est que la naissance du disco serait due à une pure opération commerciale, fomentée par des producteurs assoiffés de cash.

    Damned ! Que Larry Levan et Tom Moulton m’en soient témoins, quelle erreur… Les ferments du disco sont clairement “underground” : c’est un style né dans les clubs où se retrouvaient des populations quelque peu ghettoïsées (en gros : des Noirs et des gays), qui se rassemblaient dans une approche certes pas vraiment revendicative, mais carrément hédoniste, ouverte aux autres et à tous les vents… (et s’il y a bien un style musical qui a méchamment trinqué avec le SIDA, c’est le disco, hélas)

    Voilà, en gros c’était ça l’idée : que le club, aux débuts du disco, c’était à la fois un lieu où l’on pouvait se réfugier à l’écart du rejet, de la haine, et dans le même mouvement, partager, “communier”, s’ouvrir à l’autre… avant que tout ça ne soit vite fait récupéré et vidé de sa substance (ce dernier mot n’est pas un clin d’oeil à l’Hacienda, non non^^) pour devenir la bande-son beauf et vulgos par exemple :-(
    Spéciale dédicace à Arthur Russell.

  5. 5 Dahu Clipperton on mai 2, 2010 11:18

    “la bande-son beauf et vulgos par exCELLENCE”, c’était plutôt ça que je voulais dire !
    (de toute façon, je sais pas si mon commentaire est très clair… ?)

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