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Kennedy : l’interview en VF

par arbobo | imprimer | 3mar 2008
Pour vos pauvres oreilles éprouvées par le débit insolemment rapide de Jack Kennedy, et pour ceux  qui sont  plus familiers d’autres langues que l’anglais, voici la traduction de son interview.

L’interview originale et quelques mots sur sa musique sont toujours ici.

Bonsoir Kennedy, on sort de ton concert : tu es peut-être plus un performer qu’un chanteur, finalement.

J’aime être théatral sur scène, j’aime que le concert soit un show, c’est mon objectif. Je fais des exercices vocaux avant le concert, je fais “mimimimimimimimi”… pendant, oh, 20 secondes, et puis je bois un coup de whisky en entrant sur scène, et je perds ma voix. (rire)

Tu descends beaucoup de la scène, tu aimes être au milieu du public.

Je suis un homme du peuple, j’aime les gens. J’aime aller dans la fosse. Parfois les gens n’osent pas danser, mais ils en ont envie, alors j’y vais, je lance le truc en sautant, tu descends et tu fais bouger la foule.

La première fois que je t’ai vu c’était au festival des Inrocks en novembre 2007, tu rappais façon old school. C’était de l’impro?

J’aimerais dire oui oui, c’était de l’impro totale. Mais non. J’apprécie qu’on me dise que mon rap est old school, c’est un grand compliment. Tout à l’heure j’ai fait une autre interview, on m’a dit que je sonnais comme Queen. Entre Queen et le rap old school, je crois qu’on a couvert à peu près tout. (rires)

Ca nous rappelle que tu es américain, même si actuellement tu vis à Londres.

Je suis de Los Angeles, Californie, c’est une belle ville, je suis un américain. Je suis en quelque sorte expatrié en ce moment, je me suis déplacé à Londres.

Tu as dû partir précipitamment? On raconte toutes sortes de légendes à ton propos.

Wow, des légendes? D’habitude les légendes commencent après ta mort.

Tu aurais mis le feu au pull d’un membre de ton groupe…

Disons que je suis un réfugié politique. Ma musique passe en premier, avant la politique. Mais bon, à un moment la CIA a mis un mouchard sur mon téléphone, et là j’ai décidé qu’il était de temps partir et je suis allé à Londres.

On dirait que la CIA est très remontée contre les Kennedy.

On dirait bien oui. Tu envoies un sale mail au FBI en déconnant et le lendemain du dois partir pour l’Angleterre

Ton album, qui parait prochainement, est intitulé Kennedy for president. Tu crois vraiment qu’on peut être élu avec un nom pareil?

Si Arnold Schwartzeneger peut être gouverneur de l’état dont je viens, et Ronald Reagan peut être président, alors il y a certainement une possibilité. C’est comme lorsque Elvis Costello est arrivé, les gens ont probablement dit “il ne peut pas y avoir un autre Elvis”. Mais c’est possible. Alors pourquoi pas un nouveau Kennedy.

Imparable.

C’est comme ça que je vois les choses.

Je te charrie avec la politique, mais l’album c’est surtout du sexe super chaud. C’est ton programme?

Je pense qu’il y a des chansons d’amour avec des sentiments profonds sur cet album. Et le sexe, hmmm, eh bien, il y en a aussi (sourire). Je ramène peut-être un peu trop les choses au sexe. Mais je fais des efforts. Je vois un thérapeuthe pour ça… non, un psychanalyste, alors ça devrait aller. Le prochain disque ne parlera que de longues ballades sur la plage et de grosses voitures, comme les Beach boys (rires).

Les critiques anglophones ont souligné le côté provocateur de tes paroles, et il y a eu tout un buzz autour de la vidéo de Your mama. Est-ce que c’était volontaire d’être politiquement “incorrect” (rire de Kennedy), ou tu as juste voulu t’amuser?

Je n’écris pas en partant d’une intention, j’écris comme ça me vient. En général ça va carrément trop loin. J’écris et je dois adoucir un peu après coup. Si tu avais entendu les originaux avant que j’adoucisse le ton, tu les trouverais bien pires. J’ai vraiment voulu faire un disque que les gosses achèteraient et devraient cacher à leurs parents. Quand j’étais gosse, j’ai acheté des disque de hip hop, et mes parents les ont trouvés…

“explicit lyrics”

Voilà, mais aujourd’hui, des 10-15 ans écouteraient ça ils ne trouveraient pas ça si terrible. Quand les premiers Beastie boys sont sortis, on a dit que les paroles étaient complètement tarées, mais aujourd’hui on voit que ce sont juste de bonnes chansons.

Rien de bien pire que la pochette de Sticky fingers.

Oui, je crois que ça n’est pas plus “incorrect” ou plus vulgaire qu’un film comme Beowulf, où on voit un gars se faire charcuter en deux.

Ton disque sonne assez disco et soul, années 70 et 80, est-ce que la musique est meilleure avec un soupçon de nostalgie?

Toute la musique qui sort reflète celle du passé. Si tu écoutais les Rolling Stones quand ils ont commencé, tu aurais probablement trouvé qu’ils copiaient Howlin’ Wolf ou d’autres. J’aime le disco, la musique des seventies, je prends ces influences pour en faire quelque chose de 2008. Je ne fais pas volontairement du rétro. En tant qu’artiste, on fait avec nos influences et on leur paie notre dette.

Parlant d’influences, tes disques précédents n’étaient pas du tout disco. C’était un rock psyché très années 60.

J’ai joué du rock pendant vraiment longtemps. Et la première fois que je suis allé en Angleterre, mon batteur de l’époque m’a présenté à un producteur de dance music. J’écoutais de la dance depuis longtemps, j’ai toujours aimé ça. Je suis allé en studio et j’ai écrit une chanson, Mama made me a pimp (”Maman a fait de moi un maquereau”, n.d.l.i), et ça m’a ouvert tout un monde neuf. Je n’avais pas à jouer de la guitare, je n’avais pas à être dans un groupe de rock, je pouvais faire ce que je voulais, essayer de rapper, essayer… Ca a vraiment été comme une épiphanie pour moi, ça m’a sorti du rock.

Tu te sens plus libre hors d’un groupe de rock?

Oui, maintenant je sens que je peux faire n’importe quoi, je peux faire de la dance, ce que je veux, dance music, rock, j’aime faire de la musique qu’on peut danser, même si c’est du rock.

Tu écris et tu composes?

Oui, les deux, mais j’ai fait le disque en collaboration avec des producteurs français de dance, Count da money (”compte le fric”, phonétiquement, n.d.l.i), ils vivent à Londres. On compose ensemble, je compose aussi de mon côté, ils réécrivent ce que j’ai fait et me le renvoient et là-dessus j’écris des paroles… Ils font beaucoup de remixes, ils ont remixé Justin Timberlake, et… je sais plus, je suis mauvais au name dropping. (rire) Ils sont géniaux, ce sont de super producteurs.

Tu es très au contact du public, et tes paroles parlent énormément de sexe. Est-ce que pour toi être sur scène c’est un peu comme le sexe?

(rire)

Certains artistes disent ça.

Certains artistes le disent? (rire) En réalité, je dis que c’est quand je suis au lit que j’ai l’impression d’être sur scène. (énormes rires) Et ça me fait pareil pour le surf. Je n’avais jamais pensé à ça, pourquoi pas finalement, c’est délicat d’être sur scène, tu dois bien traiter le public, le cajoler, l’amener à toi, et au final tu lui donne bien, alors c’est un peu comme le sexe.

Merci Kennedy, peut-être que tu reviendras pour une autre tournée.

Oui, j’envisage de m’installer ici, peut-être dans le sud.

Merci  Kennedy.



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