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Topic: blaxploitation
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à la 3e dan il sera exactement… Trouble Man vs. Black belt Jones

par arbobo | imprimer | 16fév 2007

ou Trouble Man vs. Black belt Jones

Je ne sais pas si je poursuivrai jusqu’au bout l’inventaire des films blaxploitation que je connais, ne serait-ce que par leur BO. Ca risque d’être aussi fastidieux que de les regarder :oD

Le meilleur et le pire, c’est presque ainsi qu’on pourrait opposer, respectivement, Trouble man (1972) et Black belt Jones (1974).

Le premier film (d’Ivan Dixon) est connu par certains des titres composés pour la bande originale par Marvin Gaye au sommet de sa forme, mais le film est introuvable en version européenne et je doute que grand monde l’aie vu chez nous.

(M. Gaye T stands for “trouble”)

Le second, de Robert Clouse, a déjà eu les honneurs de la TNT, preuve que les films d’action fabriqués à la chaine ont toujours plus de chance de passer à la télé que les bonnes séries B. Moins cher, certainement, aussi…

Ces deux films sont typiques de la blaxploitation que j’ai déjà abordée. Même rejet des Blancs, même démonstration de la supériorité des Noirs, même ressorts policiers qui valorisent l’homme seul, entouré mais globalement seul, sauveur quasi omnipotent. Le Jones en question est joué par le champion de karaté Jim Kelly, qu’on voit dans Opération dragon aux côtés de Bruce Lee (1973). C’est sans doute l’un des premiers films de karaté purement américain, qui plus est avec un héros noir. Le sauveur solitaire et droit est un classique de notre culture, pas seulement au cinéma, mais il est aussi au coeur des films de combat asiatiques, qu’ils soient films de sabre japonais ou de kung fu hong-kongais. La boucle est bouclée.

« Mister T », le vrai, le premier, joué par Robert Hooks, est loin de la masse caricaturale baptisée du même nom 20 ans plus tard dans « l’agence tous risques ». Lui est bon boxeur, comme le scénario le laisse entendre bien qu’on n’en aie aucune preuve à l’écran.

Les différences sont minces entre les grandes lignes des deux films, ce qui n’a rien d’étonnant.


On pourrait croire que le positionnement de Jones du côté des policiers, et de T du côté des gangsters, est une différence de fond. Je trouve que c’est secondaire et que les deux ne sont que deux faces d’un même archétype. L’un et l’autre sont des hommes à femmes, dimension importante et typique du cinéma d’action, à commencer par James Bond, mais dimension importante aussi de la blaxploitation.
Dans les deux cas, on fait appel au personnage principal quand un problème insumontable survient. Black belt Jones est appelé par la police, visiblement pas pour la première fois. Mister T est sollicité comme un parrain de la mafia, un boss, et le milieu dans lequel il évolue, interlope et exclusivement noir, se traduit par un argot spécifique, le « jive », ce jive talking qu’on voit caricaturé à l’extrème dans Y a-t-il un pilote dans l’avion? (pour qui l’a vu en version originale, le passage est sidérant).
Cette différence place Jones plus du côté des films de studio, compréhensibles de tous les publics à commencer par les Blancs, qui n’ont pas trop de raison de se sentir agressés par le récit.

Jones combat la mafia italienne, manière de lui donner des ennemis blancs mais des ennemis reconnus comme tels par l’ensemble de la société, donc tout va bien, « no hard feelings ». Mister T est aux prises avec une alliance d’un gang blanc et d’un autre noir. Le mauvais noir est donc celui qui fraie avec le blanc, même si on peut à première vue se dire que le film n’oppose pas blancs et noirs, l’illusion ne dure pas. D’ailleurs in fine, même si tous les adversaires de T crèvent comme des charognes, il finit par le blanc, histoire de bien mettre les pendules à l’heure pour le spectateur. Les officiers de police sont blancs, alors on règle tout entre soi. C’est ce qu’on retrouve aussi bien dans Accross 110th street ou dans Shaft. Mister T fraie avec du linge sale, mais il est toujours réglo, il symbolise un autre ordre, en dehors de l’ordre officiel mais sans verser dans le côté voyou, il veille sur les petites gens, règle les conflits, prenant toujours son tarif mais ni plus ni moins, pas gratuit mais incorruptible en même temps, version communautaire du gentleman cambrioleur.

Trouble man est un film de série B correct, image, jeu, et surtout scénario tiennent la route sans qu’on se retienne de rire ou de bailler. Rien que ça, c’est déjà mieux que la moitié de la blaxploitation et notamment Black belt Jones. Dans BBJ, les bruitages sont outranciers et leur synchronie est très relative. Les cascades et combats, pas géniales dans Trouble man, sont si mauvais chez Jones qu’on ne sait plus si on assiste à une parodie. Je suis sûr que si on mate ce film en étant fin pété on trouve que les cascades sont super rapides.

Comme dans tous les films de cette époque, et toutes les séries télé, il suffit d’un bon poing dans la gueule pour assomer un type, qu’on ne prend évidemment pas la peine de désarmer et encore moins d’attacher. A croire que c’est une marque de fabrique.


Je sais, je ne vous ai pas encore parlé de la musique. Pour Black Belt Jones, ce sera vite fait, comme le temps qu’il a fallu à Dennis coffey pour composer. Pour ne pas changer, je suis un peu sévère, et le site de référence sur le sujet considère que le 45t avec le thème et le love theme du film est un must, mais ils ne précisent pas si c’est en raison de sa rareté ;-) C’est nerveux comme il faut, on a l’habituel riff de guitare sous speed, un contraste de basses masculines et de choeur féminin haut perché, et des arrangements pré-disco, débordants de cordes et de cuivres. Bref, du funk de studio, Coffrey fait le métier, mais ça manque d’inspiration. Cette B.O. date de 1974, coffey n’est pas un cador et le terrain est déjà bien encombré, ne pas sombrer dans la pure nullité est déjà pas mal vu la concurrence de l’époque, mais ne pas sonner comme tout le monde est presque encore plus difficile. D’ailleurs, en faisant bien attention, on trouve au tout début du thème un accord de cuivres, court mais puissant et grave, qui est un clin d’oeil subreptice aux classiques du genre (en 1974 la plupart sont parus ou en train de paraitre). En revanche l’affiche originelle du film est aussi belle que celle du disque, au design remarquable.

Pour Trouble man, j’attendais plus du film musicalement, vu le niveau exceptionnel du disque, que j’ai depuis pas mal de temps. Si vous avez cliqué où il fallait en haut d’article, vous voyez déjà ce que je veux dire. Le travail de production du disque est très bon, mais il a dû être achevé très tardivement, peut-être même certaines prises sont-elles postérieures à la fin du film. Car il y a un décalage, le son du film n’est pas terrible, et la production nettement plus lourdingue que sur les versions sorties en disque par Marvin Gaye. Gaye était assez exigeant sur le son, et la Motown n’avait pas pour habitude de sortir des disques crapoteux.

Comme souvent, une petite partie seulement des compos de Gaye sont utilisées dans le film, principalement le thème principal, avec des percussions (très bonnes) mises nettement plus en avant que sur le disque final.

On retrouve plusieurs titres de cette BO sur la plupart des compilations de Marvin Gaye, signe qu’elle tient une jolie place dans sa discographie. Place ô combien méritée, et qui vaut à Trouble man d’avoir été reprise par Angie Stone et samplée par NTM. C’est moins que Inner city blues (make me wanna holer), reprise par Gil Scott-Heron, les Chi-Lites ou Brian Auger, mais c’est déjà prestigieux. Au fait, vous aurez admiré au passage les handclaps sur T stands for trouble ;-)

Les deux titres ne sont pas sans rapport, d’ailleurs. Car tout comme Curtis Mayfield pour Superfly, le travail de Marvin Gaye détonne largement avec l’atmosphère du film. Plus sombre, plus dur, mais aussi moins cynique, dans ces 2 films la musique est plus concernée par la réalité sociale, elle s’efforce de tirer le film vers la chronique sociale, ce dont les producteurs (et le public) de blaxploitation ne veulent surtout pas. La “Blax ” doit se contenter de concurrencer, auprès des Noirs, les super héros des western ou des comics.

Mais les meilleurs seulement ont un propos sous la surface musculeuse (Accross 110th street, principalement).



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